Échos

André Fleury (1903-1995)

Il y a exactement trente ans disparaissait André Fleury. Élève de Louis Vierne, ami de Duruflé et Messiaen, son chemin croise ceux de Fauré, Gigout, Vierne, Tournemire, Dupré, Cochereau, Guillou, Isoir, Chapuis… À lui seul, André Fleury est une mémoire de la vie organistique de cette époque.

Une époque dont vous parlera en détail notre numéro de rentrée dont la colonne vertébrale sera l’héritage de ce grand musicien.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, voici quelques-unes des anecdotes transmises par son disciple François Lemanissier, anecdotes qui rythmeront un dossier particulièrement éclairant.

André Fleury à propos de Charles Tournemire (1870-1939)

« Nous avions des rapports si étroits qu’il m’a dédié l’un des plus beaux offices de L’Orgue Mystique : « Lætare ». Avec Maurice Duruflé, je l’ai remplacé jusqu’à 1930 à Sainte-Clotilde pour le Casuel et les Vêpres. Nous l’admirions beaucoup, mais il n’était pas tellement commode, et la modestie n’était pas son fort. Lors d’un office, Tournebride, Tournebroche ou Tournepipe, comme nous nous amusions à le nommer, improvisait cependant qu’étant à la tribune, je conversais avec le Comte Bérenger de Miramont Fitz-James. Il s’est alors retourné vers nous, et d’un ton acerbe et presqu’agressif, il nous lança : Je vous gêne, peut-être ? »

André Fleury à propos d’Olivier Messiaen (1908-1992)

« Tournemire m’a raconté que lors d’un examen de composition du Conservatoire où le jeune Messiaen proposait une pièce d’orgue, il était du jury avec Maurice Ravel et Henri Rabaud. Lors de la délibération du jury, l’auteur du Boléro aurait dit à propos de la pièce de Messiaen : « Bien ! Mais un peu louftingue ». Il va sans dire que je soutiens qu’Olivier Messiaen est un des plus grands compositeurs de notre temps. Nous nous entendions très bien. Il m’a même demandé de donner l’intégralité de sa Nativité du Seigneur en seconde audition à l’église de la Trinité à Paris en février 1937. »